Historique


​​VERNER

Résumé d’un texte de Gérald Beaudry
Verner, Cent ans d’histoire à raconter, 1995
Arpentage du canton de Caldwell et du village de Verner

En 1880, J.K. McLean divise le canton de Springer (la grande région de Sturgeon Falls) et R.H. Coleman travaille dans le canton de Caldwell (la grande région de Verner).  Le canton de Badgerow (au Nord de Verner) est arpenté par M. Butler en 1881.  Le village de Verner, construit sur les lots 8, 9 et 10, concession 4 du canton de Caldell, est situé près de la route transcanadienne, 56 km à l’ouest de North Bay et 72 km à l’est de Sudbury.  Le 8 juin 1880, l’arpenteur-géomètre Richard Herbert Coleman part de Toronto pour se rendre à Collingwood accompagné de deux assistants et muni de tout l’outillage nécessaire à l’expédition.  Les trois hommes s’embarquent dans un navire à vapeur pour se rendre à l’embouchure de la Rivière des Français.  A l’aide de canots, ils naviguent sur la rivière et le lac Nipissingue jusqu’au canton de Caldwell.  Le nom Caldwell est donné en l’honneur du député du comté de Lanark qui siège à l’époque à la législature ontarienne.

Le 22 juin 1880, les trois hommes commencent leur travail d’arpentage à partir d’un point connu (….) au bas des chutes à Sturgeon Falls.  Coleman rapporte qu’un ou plusieurs feux ont détruit certaines parties de la forêt quelques 20 ans auparavant:  une nouvelle végétation pousse déjà dans la forêt brûlée.  Il dit qu’une région près du lac Nipissingue est épargnée:  on y trouve frênes, ormes et bouleaux.  Ici et là dans le canton, on observe des épinettes et des pins verts, des chicots de pin jaune noircis par le feu.  Il y a certainement du bois de qualité, car les premiers colons construisent leurs bâtiments avec le bois de leur terre.  La partie sud du canton est marécageuse.  La partie centrale, c’est-à-dire la vallée de la rivière Veuve, offre un terrain plat composé de glaise et bien adapté à des fins agricoles.  La partie nord est couverte de la chaîne rocheuse Laurentide. Le seul établissement que Coleman observe dans le canton de Caldwell appartient à Frank Goulais.  Il est situé sur le lot 5, concession A, près de la rivière, en bas des chutes à Turenne.  Lorsqu’il quitte la région à la fin du mois d’août, l’arpenteur Coleman souligne que l’acre de terre défrichée donne une pauvre récolte. Coleman décrit l’eau de la rivière Veuve :  brune foncée, douce et peu potable.  Il faut dire que sa couleur n’a pas tellement changée depuis cent ans.

Le chemin de fer Pacifique-Canadien

​La construction de la voie ferrée de Bonfield à Sudbury a lieu en 1883.  Le Pacifique-Canadien installe un campement près de la frontière entre le canton de Springer et le canton de Caldwell.  Plusieurs équipes se partagent différentes tâches:  les bûcherons défrichent le territoire, les terrassiers nivellent le parcours, les charpentiers construisent les ponts, les cheminots posent les rails, tandis que les cuisiniers ainsi que les hommes à tout faire entretiennent le campement qui est rudimentaire.  Les missionnaires jésuites qui suivent les travailleurs racontent qu’ils logent dans des chantiers malpropres où les lits sont superposés le long des murs.  Ils couchent sur deux planches garnies de foin et d’une couverture.  Le train arrête à Verner, nom donné à l’emplacement car un certain monsieur Verner, contremaître, est responsable de pomper l’eau de la rivière Veuve et de remplir la locomotive.  Les plans officiels du Pacifique-Canadien indiquent l’emplacement de la gare de Verner sous le nom de Burnside parce que la forêt longeant la voie ferrée est brûlée depuis quelques années.  

L’arrivée des premiers colons

Les premiers colons s’installent à proximité de la voie ferrée et de la rivière Veuve.  Le Pacifique-Canadien facilite le déménagement des familles des régions lointaines du Québec et même des États-Unis.  À la même époque, en 1882, la compagnie J.R. Booth établit une scierie dans la baie de Cache Bay.  Plusieurs familles anglaises en provenance du Sud de l’Ontario travaillent pour la compagnie Booth.  Les familles Steep, O’Brien, Spence, Walker, Leach, Millard, Larden occupent les terres longeant la rivière Veuve.  On nomme parfois la région sud-est du canton de Caldwell, le “coin de anglais”.

​​Au XIXe siècle, le clergé canadien français prône une doctrine qu’on peut résumer en trois mots:  religion, agriculture, colonisation.  L’histoire du père Paradis et de ses colons venus du Michigan est un exemple de l’influence du clergé à la fin de ce siècle.  Le clergé veut à tout prix contrer l’émigration des Canadiens aux États-Unis, où ils perdraient leur langue et leur foi.  La création de la paroisse St-Jean-Baptiste de Verner joue un rôle important au niveau de l’organisation sociale, culturelle et économique des familles françaises de Verner.  La famille de Paul Côté s’établit en 1883 à l’endroit où sont présentement situés la partie est du village, l’école Sainte-Marguerite-d’Youville et le centre communautaire.  Au recensement fédéral de 1891, on retrouve les noms des familles suivantes dans le canton de Caldwell :  Théophile Benoît, Joseph Champagne, Paul Côté, Arthur Damboise, Elzéar, Pierre et Égangéliste Dénommée, Georges Guénette, Louise, Norbert, Félix et Delphis Legault, Michel Ménard, Laurent Michaud, Élie Miron, Thomas Roberge, Médéric Robert et Luc Sabourin.  Beaucoup de colons viennent de la région au nord du fleuve Saint-Laurent:  Joliette, Saint-Jean-de-Matha, Saint-Gabriel.  D’autres familles arrivent des États-Unis, soit du Michigan, du Massachusetts et du Rhode Island.  Quelques familles de l’Est de l’Ontario élisent domicile à Verner.  Le grand mouvement de colonisation dans Caldwell a lieu entre 1895, à l’arrivée des familles au temps du père Paradis, jusque vers 1910. 

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L'intérieur de l'Église St-Jean-Baptiste de Verner.
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