#FRANCOPHONIE#ONTARIO Baisse des droits de scolarité: un impact certain pour les francophones 

PUBLIÉ LE 17 JANVIER 2019
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Le Collège communautaire La Cité à Ottawa OnTORONTO – Les institutions scolaires francophones font la grimace après l’annonce gouvernementale de ce mercredi d’une baisse des droits de scolarité. À partir de la rentrée 2019/2020, les étudiants devraient dépenser 10 % de moins pour étudier dans les collèges ou universités. Un manque à gagner important pour ces pôles d’éducation.
SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz
«De prime abord, ces frais de scolarité représentent deux millions de dollars pour notre collège», laisse entendre Pascale Montiminy, gestionnaire des communications pour La Cité. «Cela nous étonne, car les frais de scolarité ne sont pas nécessairement un enjeu dont on entend parler souvent. L’impact est un risque pour la formation d’une main d’œuvre qualifiée qui peut répondre au marché du travail.»
À savoir la part de ces frais de scolarité dans le budget de La Cité, Mme Montiminy s’en tient aux chiffres. «Les frais de scolarité constituent environ 18 % des revenus du collège et les subventions 57 %. Les autres revenus proviennent de contrats et autres.»
D’après nos informations, ces mêmes frais de scolarité représenteraient environ la moitié des revenus des universités.
Si La Cité affirme qu’il est encore «prématuré» de faire des spéculations, il y aura peut-être, selon elle, «des décisions difficiles à prendre par rapport aux programmes et aux services».
Le Collège Boréal reste de son côté un peu plus prudent dans ses déclarations. Mais l’institution francophone sudburoise admet que l’impact sera évident. «Les frais de scolarité représentent environ 2 600 $ par étudiant», explique le président Daniel Giroux. «Ça peut représenter trois à cinq millions de dollars par an pour nous, dépendamment des inscriptions.»

Des interrogations sur les détails de l’annoncePour les deux collèges, le flou persiste quant à la nature de cette baisse des droits de scolarité, de même pour les droits accessoires qui représentent l’argent dépensé par un étudiant pour s’inscrire à un cours ou à un programme d’études ou pour le terminer. «Le détail qui manque, c’est le détail de la baisse du 10 %, les frais auxiliaires et les droits accessoires», précise M. Giroux.
À l’heure de mettre ces informations sous presse, #ONfr a tenté de rejoindre plusieurs universités. À commencer par celle de Hearst dont la réaction n’est pas encore publique. L’Université Laurentienne a affirmé qu’elle n’accorderait pas d’entrevue sur le sujet.
«Les frais de scolarité en Ontario peuvent atteindre jusqu’à 2  000 $ par année et, trop souvent, obligent les étudiants à payer pour des services qu’ils n’utilisent pas et pour des organisations dont ils ne soutiennent pas les activités», a déclaré la ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Merrilee Fullerton, lors de l’annonce. «Nous veillerons à ce que les étudiants bénéficient de la transparence et de la liberté de choix en ce qui concerne les services des campus et les organisations qui ont accès à leur argent.»

Le cas des bourses étudiantesLe gouvernement progressiste-conservateur semble ouvrir la voie à moins de bourses scolaires. «Au lieu d’utiliser le Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) pour subventionner indirectement les futures séries de hausses des droits de scolarité, nous concentrerons nos ressources sur les familles qui en ont le plus besoin», peut-on lire dans le communiqué
La vérificatrice générale de l’Ontario, Bonnie Lysyk, avaient constaté récemment la hausse des bourses non remboursables accordées aux étudiants. Le soutien financier dans le cadre du RAEFO aurait été élargi au début de l’année scolaire 2017-2018 de 25 %.
Du côté du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), la décision du gouvernement provoque beaucoup de questions. «Nous, évidemment, on pourrait être content, mais lorsqu’on regarde ce que le gouvernement veut dire, on enlève plein de bourses du RAEFO, pour des prêts. Moins d’étudiants seront donc admissibles. On enlève plus que l’on ajoute aux étudiants», croit la co-présidente Marie-Pierre Héroux, interrogée par #ONfr.
L’organisme porte-parole des étudiants francophones en Ontario craint également une perte directe pour les francophones. «Les étudiants francophones doivent souvent déménager plus loin de la maison que les étudiants anglophones pour étudier. Ils ont souvent besoin de bourses. On est aussi inquiet de voir la répercussion sur l’offre des cours en français. On ne veut pas qu’il y ait des cours et des programmes supprimés. S’ils (les universités et collèges) doivent couper, l’offre des cours en français est toujours plus facile à couper du fait du manque d’étudiants.»

#CANADA#FRANCOPHONIE#ONTARIO
Ces dates qu’il faudra surveiller en 2019 

PUBLIÉ LE 2 JANVIER 2019
Référence: https://onfr.tfo.org/ces-dates-quil-faudra-surveiller-en-2019/

2018 tout juste terminée, les Franco-Ontariens ont maintenant les yeux tournés vers la nouvelle année. Mais qu’est-ce qui attend vraiment Franco-Ontariens, et par ricochet les francophones, durant les 12 prochains mois? #ONfr fait le tour des quelques dates à surveiller.
SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz
Mardi 15 janvier. Le dernier jour pour l’Université de l’Ontario françaisSelon l’énoncé économique dévoilé mi-novembre, le 15 janvier marque bel et bien le dernier jour possible pour le financement de l’Université de l’Ontario français (UOF). Il est donc minuit moins une si la bâtisse veut encore avoir une chance d’ouvrir ses portes en 2020.

Théoriquement, le gouvernement fédéral peut très bien proposer de financer l’établissement. Mais pour le moment, les deux camps ne cessent de se renvoyer la balle, Ottawa se disant prêt à financer… si seulement l’Ontario le demande. La présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF, Dyane Adam, a toutefois déclaré que cette date du 15 janvier pourrait être plus flexible que prévue.

Jeudi 21 février. Quelle teneur pour le gala du prix Bernard-Grandmaître?Il y eut des années où le gala du prix Bernard-Grandmaître n’était qu’une soirée de célébrations faite de cordialités et d’amabilités. En raison de la crise linguistique, la teneur risque d’être quelque peu différente cette année. Discours enflammés? Réquisitoire contre Doug Ford? Il faudra voir à quel point la politique s’invitera dans cet événement.
Il en sera de même pour l’autre grand rassemblement, le Banquet de la Francophonie de Prescott et Russell au mois de mars. D’autant que la députée Amanda Simard, auréolée d’un statut de «Jeanne d’Arc» pour certains depuis son départ du Parti progressiste-conservateur, y sera certainement présente.
Dans un autre registre, l’AGA du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), généralement en mars, et les 26e Jeux franco-ontariens, à Hanmer, dans le Grand Sudbury, seront également à surveiller à la loupe du fait du contexte politique.

Mercredi 1er mai. Jour limite pour le poste de François BoileauEn théorie, le commissaire aux services en français devra quitter ses fonctions avant cette date. C’est en tout cas ce qu’avait indiqué le gouvernement progressiste-conservateur lors de l’annonce de la suppression du poste de François Boileau, le 15 novembre dernier.
Mais la date reste aussi hypothétique que symbolique. Tout indique que la seconde proposition émise par Doug Ford, à savoir un poste dépendant de l’ombudsman, sera à prendre ou à laisser. M. Boileau a déjà manifesté son désintérêt pour cette alternative. À moins d’une solution politique à la crise linguistique, il y a donc fort à parier que M. Boileau ne sera plus commissaire aux services en français en date du 1er mai.

Avant le vendredi 31 mai. Les Franco-Albertains retiennent leur souffleLa date n’est pas encore fixée, mais ça sera avant fin mai. En 2015, la néo-démocrate Rachel Notley avait surpris plus d’un observateur en s’emparant d’une province réputée traditionnellement de droite. La femme politique avait réussi à mettre fin à 43 ans d’hégémonie du Parti progressiste-conservateur dans la province.
Sauf qu’entre-temps, les conservateurs se sont refaits une santé. Dirigé maintenant par l’ancien ministre fédéral Jason Kenney, sous le nom de Parti conservateur uni, la formation caracole en tête des sondages.
Satisfaits d’un gouvernement néo-démocrate qui leur a donné une politique sur les services en français en 2017, les militants franco-albertains seront peut-être moins enclins à se jeter dans les bras de M. Kenney. La crise linguistique en Ontario apparaît aussi comme un obstacle supplémentaire.

Vendredi 7 juin. Un an après l’élection de Doug FordIl sera temps de faire un premier bilan à cette date. Le gouvernement progressiste-conservateur célébrera son premier anniversaire à la tête de l’Ontario. Le 7 juin 2018, les troupes de Doug Ford remportaient une large majorité avec un total de 76 sièges.
Bien malin qui pourra deviner alors où en sera vraiment Doug Ford dans cinq mois. Les derniers jours de l’automne ont été plutôt compliqués pour le premier ministre entre la crise linguistique, la nomination controversée et avortée du commissaire de la Police provinciale de l’Ontario, Ron Taverner, et les premières contestations au sein de son caucus.

4 septembre. Le 40e anniversaire de la crise scolaire de PenetanguisheneC’est probablement la plus célèbre des crises scolaires qui ont émaillé l’Ontario dans les années 1970. Les Franco-Ontariens de Penetanguishene célébreront le 40e anniversaire du conflit à la fin de l’été. Le 4 septembre 1979 reste sans doute la date clé lorsque les francophones ouvraient l’école secondaire de la Huronie, une école parallèle et illégale. Cette «école de la résistance» comprend alors 56 élèves de la 9e à la 13e année.

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Les manifestations à Penetanguishene, en 1979. Archives #ONfrCette création pour le moins originale est une réponse directe au blocage. Depuis 1976, le Conseil scolaire de Simcoe restait sourd aux demandes des francophones quant à la création d’une école.
Pour le moment, il n’y a pas de programme disponible sur d’éventuelles activités pour ce 40e anniversaire.

9 septembre. 50e anniversaire de la Loi sur les langues officiellesOfficiellement, c’est le 9 septembre 1969 que la Loi sur les langues officielles a été adoptée. Reste que ce 50e anniversaire sera avant tout un moment plus de réflexion que de célébration pour les francophones au Canada. Cinq décennies plus tard, la Loi reste encore mal appliquée, en témoigne les plaintes qui s’accumulent toujours sur le bureau du commissaire aux langues officielles, Raymond Theberge.
Le premier ministre, Justin Trudeau, a promis de moderniser cette loi dont la dernière version remonte à 1988. Il faudra voir si le premier ministre tient sa promesse, et si cette refonte deviendra un enjeu électoral lors des élections fédérales de l’automne.

Lundi 21 octobre. Trudeau vise une réélectionÀ l’automne prochain, le Parti libéral du Canada visera la même réussite qu’en octobre 2015. Justin Trudeau avait alors remporté une large majorité, délogeant un Stephen Harper en bout de course.
Face au conservateur Andrew Scheer et au néo-démocrate Jagmeet Singh, le chef du Parti libéral part au moins avec l’avantage de l’expérience et d’un mandat relativement calme. Reste à surveiller son attrait auprès d’un électorat franco-ontarien avec qui le gouvernement entretient une relation mitigée du fait d’un bilan plus que tiède en matière de langues officielles.

Vendredi 25 octobre. Ouverture du congrès de l’AFO à SudburyLa grande messe des organismes franco-ontariens se tiendra à Sudbury, cette année. Il n’y aura toutefois pas d’élection à la présidence de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Lors du dernier congrès en octobre dernier, Carol Jolin a été reconduit pour un second mandat. Mais quelques postes seront toutefois à pourvoir au sein du conseil d’administration.

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Même s’il est difficile à préjuger neuf mois à l’avance du contenu de l’événement, la relation entretenue alors avec le gouvernement de Doug Ford pourrait être l’un des thèmes des trois jours d’événement.
Photo:  Le président de l’Assemblée de la Francophonie de l’Ontario (AFO) Carol Jolin. Archives#PNfr


Le gouvernement Ford impose des compressions de 25 millions de dollars en éducation 

Publié le samedi 15 décembre 2018 à 22 h 31
Mis à jour le 16 décembre 2018 à 23 h 02
Référence:https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1142220/compressions-budget-education-25-millions-gouvernement-ford-ontario

​Le gouvernement provincial a annoncé en catimini, vendredi soir, qu’il amputait de 25 millions de dollars le budget des programmes d’éducation pour l’année scolaire 2018-2019.Le budget des programmes d’éducation classés dans la catégorie « autres programmes d’enseignement (APEautres programmes d’enseignement) » est passé de 425 millions de dollars l’an dernier à 400 millions cette année.
Ce budget finance des projets en appui aux élèves. Les programmes cités dans les documents du gouvernement comprennent le « programme de perfectionnement des compétences pour les élèves atteints de troubles du spectre de l’autisme », « bien-être et santé mentale à l’école » et « apprentissage par l’expérience », entre autres.
Cette annonce a été faite dans une série de courriels envoyés directement aux conseils scolaires de la province, tard vendredi soir, selon le Nouveau Parti démocratique (NPDNouveau Parti démocratique).
À lire aussi :- Compression dans les services en français : Doug Ford rappelle un jeune Franco-Ontarien pour s’expliquer
– « Honte à Doug Ford », dénonce l’ancien ministre conservateur Lawrence Cannon
La porte-parole du ministère de l’Éducation, Kayla Iafelice, a confirmé les compressions dans un courriel samedi. Bien qu’il représente moins de 1 % du financement des conseils scolaires, ce fonds représente des dépenses inutiles et excessives et a plein d’engagements non financés, pour des pertes de plusieurs millions de dollars.
Nous avons procédé à un examen approfondi du fonds autres programmes d’enseignement (APE) afin de nous assurer qu’il correspond mieux aux besoins et aux priorités des parents, des enseignants et des élèves de l’Ontario, tout en respectant l’argent des contribuables.”

Bien qu’elle confirme les compressions de 25 millions de dollars, Mme Iafelice ne précise pas quels programmes ont été touchés.
De son côté, l’opposition officielle a fait savoir son mécontentement par voie de communiqué samedi en soirée.
“Les élèves vont profondément ressentir ces compressions, a déclaré la porte-parole du NPD (Nouveau parti démocratique) en matière d’éducation, Marit Stiles. Les compressions de Doug Ford sont impitoyables et ne feront que renforcer les défis en matière d’éducation et d’apprentissage en Ontario.[Doug Ford] pensait peut-être qu’il était sournois en faisant ces coupes un vendredi soir, mais il ne pourra pas cacher la douleur et la déception ressenties par les élèves, enseignants, éducateurs et parents.

Des centaines de Franco-Ontariens du Nord à la journée de mobilisation 

Publié
Référence :le samedi 1 décembre 2018 à 13 h 05
Mise à jour le 1 décembre 2018 à 16 h 01

Des Franco-Ontariens du Nord de la province ont manifesté samedi leur mécontentement contre les compressions du gouvernement Ford dans les services en français. Des rassemblements ont eu lieu entre autres à Sudbury, à North Bay, à Timmins, à Thunder Bay et à Kapuskasing.
Le 15 novembre, le gouvernement progressiste-conservateur a annoncé l’annulation du financement de l’Université de l’Ontario français (UOF) ansi que l’abolition du Commissariat aux services en français. La semaine suivante, le gouvernement a rétabli le poste de commissaire aux services en français, mais il sera transféré au sein du bureau de l’ombudsman de l’Ontario. Sa position sur l’UOF est restée tout de même inchangée.
L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a lancé un appel à la mobilisation aux francophones pour dénoncer ces compressions.
À North Bay, près de 500 personnes, selon le comité organisateur, se sont réunies devant le bureau du ministre des Finances et député de Nipissing, Vic Fedeli.
À Sudbury, près de 700 personnes se trouvaient devant le bureau du député néodémocrate Jamie West.Il faut garder notre langue aller. Ça fait 400 ans qu’on se bat pour garder notre langue et il faut qu’on continue. C’est aujourd’hui pour demain.
 Donald Fraser, résident du Grand Sudbury

#FRANCOPHONIE#ONTARIO
Le «jeudi noir» de l’Ontario français

PUBLIÉ LE 15 NOVEMBRE 2018

Référence : https://onfr.tfo.org/le-jeudi-noir-de-lontario-francais/?fbclid=IwAR2t2cxYdYXN7TUUP1Zy9onCIyYvJ4qiDYttx_0Jkyey1rzURWTcfpbDtcY

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TORONTO – Stupeur et colère prédominent chez les Franco-Ontariens, à la suite de l’annonce de l’abandon du projet de l’Université de l’Ontario français et de l’abolition du Commissariat aux services en français, ce jeudi, par le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford.
BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet
Si certains avaient annoncé la couleur à la veille du dévoilement de l’énoncé économique du gouvernement ontarien sur les médias sociaux, comme Marc Demers qui invitait les Franco-Ontariens à respirer, leur promettant qu’ils auraient «besoin de leur souffle pour crier!», personne n’imaginait vraiment l’ampleur des décisions annoncées ce jeudi.
Pour lire l’article au complet, clique le lien de référence ci-haut (en bleu)


Référence: ​Go to link:http://www.lavoixdunord.ca/index.php/component/k2/item/4366-penurie-d-enseignants-francophones-limite-de-la-formation-et-concurrence-multiple?

Pénurie d’enseignants francophones : Limite de la formation et concurrence multiple

Écrit par  Coralie Mpoyo et Julien Cayouette

mercredi, 14 février 2018 14:59​
Ontario —La pénurie d’enseignants francophones a gagné le Nord de la province. Le gouvernement a commencé à mettre en place des stratégies de promotion et de recrutement, mais les intervenants en éducation soulignent que les deux années nécessaires à l’obtention du diplôme — depuis 2013 — refroidissent les ardeurs des étudiants intéressés par la profession.

« Le problème est dans tout l’Ontario maintenant. Avant c’était plus dans le Sud où la population est en croissance, mais c’est le cas aussi maintenant dans le Nord », affirme le directeur de l’éducation du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario (CSPGNO), Marc Gauthier. 

La gérante des ressources humaines et des services d’appui du Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières (CSCDGR), Julie Bisson, souligne le problème persistant du recrutement, qui crée une compétition entre les conseils. « Nous avons de moins en moins d’enseignants francophones qualifiés qui sortent des facultés d’Éducation. Le manque de main-d’œuvre à plusieurs niveaux est problématique, non seulement pour notre Conseil, mais aussi pour plusieurs de nos conseils limitrophes. » 

M. Gauthier confirme que la concurrence existe également entre les conseils scolaires anglophones, qui donnent des programmes d’immersion, et les Conseils scolaires francophones, car tous font appel au même bassin de finissants francophones. 

« Les diplômés ont l’embarras du choix des postes. Ils choisissent les communautés où ils veulent vivre. Même à Sudbury, nous n’avons pas assez de suppléants qualifiés sur nos listes pour répondre à nos besoins. C’est ce qui fait qu’on a des difficultés pour recruter dans nos communautés rurales. Les 12 conseils scolaires de langue française font face aux mêmes défis et c’est une période critique », déclare M. Gauthier. « Nos collègues anglophones ont même dû annuler les programmes d’immersion dans certaines écoles », ajoute-t-il.

Le président de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Rémi Sabourin, souligne que cette pénurie limite les capacités d’accueillir tous ceux qui pourraient fréquenter une école de langue française. « Plus de 30 000 ayants droit sont dans les écoles anglophones et, si on veut les recruter, il faut que nous ayons suffisamment d’enseignants », lance-t-il.

Stratégies de recrutement

En janvier 2018, les ministères de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle ont lancé une campagne qui comprenait entre autres une brochure intitulée Enseigner en français en Ontario afin de promouvoir les occasions d’enseigner en français.

La coordonnatrice principale des relations avec les médias du ministère de l’Éducation, Heather Irwin, affirme que le ministère travaille en étroite collaboration avec les éducateurs ainsi qu’avec le personnel des conseils scolaires et des partenaires internationaux des pays francophones afin de les encourager à promouvoir la profession d’enseignant auprès de leurs étudiants et des enseignants formés à l’étranger.

Elle explique que le ministère collabore actuellement avec les facultés d’éducation de langue française en vue d’accélérer l’élaboration et la mise en place de modèles de formation à l’enseignement flexibles, qui pourront utiliser différents formats pédagogiques, notamment l’enseignement en ligne, hybride et accéléré. Elle pense qu’ils tiendront compte des défis auxquels les petites communautés rurales font face en matière de recrutement et de maintien en poste du personnel enseignant.

« Le Centre de demande d’admission aux universités de l’Ontario a indiqué en janvier que les données recueillies au cours de l’année scolaire 2017-2018 révélaient une augmentation significative des demandes d’admission dans les facultés d’éducation de langue française, tous cycles confondus. Plus particulièrement une augmentation de 44 % dans le cycle primaire et moyen, de 74 % dans le cycle moyen et intermédiaire et de 13 % dans le cycle intermédiaire et supérieur », révèle Mme Irwin.

L’adjointe administrative de l’École des sciences de l’éducation de l’Université Laurentienne, Diane St-Cyr, a confirmé au Voyageur qu’il y a eu une augmentation des inscriptions au programme en 2017, mais sans donner de chiffres exacts. 

Marc Gauthier s’est dit heureux des actions entreprises par le ministère, puisque les conseils scolaires demandent de l’action depuis longtemps, mais il préfère reporter son optimisme pour le jour où il aura vu le plan.

« La demande est toujours la même, mais l’offre a diminué énormément. Par exemple, l’Université Laurentienne diplômait en moyenne 160 étudiants par année. Depuis le changement de la formation d’un an à deux ans après un baccalauréat, plus la coupure des nombres de places au sein des facultés, elle n’en diplôme maintenant qu’entre 65 à 70 », chiffre-t-il.

« Nous devons trouver de nouvelles stratégies de recrutement et de rétention, autant locale qu’au provincial », propose de son côté Julie Bisson.

Repenser l’enseignement

Le président de l’AEFO, Rémi Sabourin, est optimiste concernant les actions du gouvernement et leur effet à long terme, mais évoque la complexité du problème qui, selon lui, ne peut pas se résoudre en une décision. « On avait sonné l’alarme en 2013 parce que nous avons vu venir ce problème avec le diplôme qui passait d’un an à deux ans », dit-il.

Rappelons qu’en Ontario, le programme d’Éducation donne à l’étudiant un deuxième baccalauréat. Ils doivent d’abord obtenir un baccalauréat en Éducation ou dans un autre programme universitaire avant d’entreprendre les deux années d’études qui leur permettront de devenir enseignants. Avant 2013, ce programme n’était que d’une année. Parmi les problèmes, M. Sabourin évoque la mauvaise presse du métier. « Il faut bien communiquer les perspectives d’emplois en enseignement. Pendant plusieurs années, la profession a été matraquée par différents gouvernements. C’est important de la revaloriser et de rehausser son image par la promotion dans les médias, les écoles et les universités. »

Pour Marc Gauthier, « le programme n’est pas attrayant pour les étudiants parce qu’il est trop long. Ce serait souhaitable que le programme de deux ans devienne une maitrise et que les salaires soient plus élevés à l’entrée de la profession ». Sa deuxième proposition est partagée par M. Sabourin.

« À moyen terme, il y a des choses qui peuvent être faites, comme l’élaboration des sessions continues pour que le programme de deux ans puisse se vivre en une année, simplifier l’évaluation des compétences lors des recrutements à l’international, la rémunération des stages et avoir des programmes pour inciter les gens à travailler dans les endroits éloignés », énumère M. Sabourin.

Il souligne par ailleurs que le syndicat travaille pour diminuer de 20 % le nombre d’enseignants qui abandonnent leur métier après 5 ans de travail. Il recommande donc également de meilleures conditions de travail pour ceux-ci.