Le 16 septembre 1904, à la demande de Rome, le diocèse du Sault Ste Marie se détache du diocèse catholique de Peterborough.  Le nouveau diocèse couvre le territoire à partir de North Bay jusqu’à Fort William (aujourd’ui Thunder Bay) en passant par l’île Manitoulin et Sault Ste Marie.  Cependant, même avant la formation du nouveau diocèse, les Pères Jésuites font déjà l’apostolat auprès des Indiens et des Blancs à partir de trois centres:  Wikwemikong, Sault Ste Marie et Fort William.  Un quatrième centre, Sudbury, naît en 1882 avec la construction du chemin de fer Pacifique canadien.  Les Pères Jésuites Louis Côté, Hormidas Caron, Hyacinthe Hudon, François-Xavier Santerre, E. Devine se succèdent à Verner et exercent leur ministère auprès des pionniers venus des environs de Joliette, Saint Gabriel de Brandon et Holyoke, un centre franco-américain.  A Verner, en 1890, le père Devine célèbre la messe dans la station du chemin de fer.  Vu que la gare n’est pas un lieu idéal pour les cérémonies religieuses, les paroissiens décident de construire une chapelle tout près de la coulée où se situe présentement la grotte.  De 1891 à 1895, la paroisse de Verner est confiée à la paroisse de Sturgeon Falls sous la direction du Curé Thomas Ferron et son vicaire l’abbé A.L. Desnaulniers.  En 195, le père Desaulniers devient le premier curé résident à Verner lorsque la paroisse St-Jean-Baptiste est officiellement fondée.  L’abbé Charles Langlois le succède en 1897.  Le père Alphonse Lécuyer arrive à Verner en 1902 et remplace Z. Picotte, curé depuis seulement quelques mois…..Lors de la création du diocèse du Sault Ste Marie en 1904, il y a six prêtres séculiers dont Alphonse Lécuyer à Verner et Charles Langlois à Sturgeon Falls et 30 Pères Jésuites.  Le nouvel évêque est Mgr David-Joseph Scollard. 

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L’ÉGLISE ST JEAN BAPTISTE

Lorsque le Père Devine construit la première église à Verner en 1890, celle-ci se situe sur la terre de la couronne.  Alors l’évêque du diocèse de Peterborough procède è l’achat du terrain pour la paroisse de la province de l’Ontario.  Pour la somme de cinq dollars, le diocèse de Peterborough achète un morceau de terrain de 3.67 acres dans le canton de Caldwell….L’achat est complété le 6 décembre 1892.

Le Père Alphonse Lécuyer entreprend le projet de construction de l’église actuelle à l’automne 1902.  Il demande à l’architecte Angus de North Bay de préparer les devis de l’église.  Le père Lécuyer organise une campagne de souscription auprès des paroissiens et ramasse une somme de 15 000$ en billets de promesses.  Vu que le contrat de construction est donné à Venant Ladouceur de Pembroke au prix de 35 000$, le Père Lécuyer doit financer le projet d’une autre façon.  Il demande à l’évêché de Peterborough d’émettre un hypothèque de dix ans au montant de 20 000$ auprès de la Central Loan and Saving Company à un taux annuel d’intérêt de 5%….montant emprunté qui sera ensuite augmenté d’un autre 5 500$ pour compléter le projet.

Monsieur Étienne Lecompte est le maître-maçon de l’église St Jean Baptiste.  La pierre est extraite d’une carrière située sur le terrain du Père Lécuyer.  La carrière se situe dans le bois en direction nord-est par rapport au réservoir d’eau actuel.  Le charroyage de la pierre se fait pendant l’hiver 1903-1904.  La construction a lieu au printemps.  Mgr O’Connor, évêque du diocèse de Peterborough bénit la pierre angulaire le 12 juin 1904.  La première messe dans la nouvelle église est célébrée à Noel 1904….

Une première rénovation à l’église a eu lieu en 1920, au coût de 1 200$.  Le décorateur Délorme de Joliette a probablement dessiné les portraits au plafond dans le sanctuaire.  A la même époque Hormidas Casaubon pose des moulures pour enjoliver les trois autels….Avec l’électrification du village en 1919, le Père Racette installe un système d’éclairage électrique dans l’église….En 1961-1962, on procède à un grand ménage à l’intérieur de l’église.  Les échafauds sont installés pendant plusieurs mois, les murs sont repeinturés.  De nouveaux tableaux apparaissent sur les murs, au plafond dans le sanctuaire et dans la nef.  Ce sont encore les mêmes tableaux en 2004.


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VATICAN II

Le renouveau liturgique, suite au Concile Vatican II en 1965, apporte beaucoup de changements physiques et religieux.  On veut la participation active de la foule dans les cérémonies religieuses.  Pendant des siècles, le prêtre dit ou chante sa messe en latin, face à l’autel et le dos à la foule.  Personne ne comprend ce qu’il récite car il parle au mur.

Dorénavant le prêtre célèbre la liturgie en français à l’autel central, face au peuple.  Auparavant, le prêtre faisait tout pendant la messe.  Maintenant les paroissiens peuvent participer activement à la liturgie.  Les laics peuvent devenir lecteurs ou lectrices et distribuer la communion.  Les filles peuvent être enfants de choeur…

Mgr Fortier entreprend des changements graduels dans le choeur pour répondre à la vision de Vatican II….La nouvelle vague de pensée c’est la simplicité dans l’église.  On sort les deux petits autels et les statues.  On parle d’éliminer les peintures.  Mgr Fortier rencontre une résistance farouche des paroissiens qui tiennent à conserver le patrimoine.  Le curé comprend et rapporte les deux autels et les statues dans l’église.

Extraits du livre Paroisse St-Jean-Baptiste, Verner, Ontario produit à l’occasion du Centennaire de l’Église 1904-2004

Chez Nous, Septembre 2004. Vol. 30, no. 4