La trappe, aussi appelé piégeage,  est une activité qui a eu une grande importance économique et historique pour le Canada. Depuis le début de l’histoire de l’humanité, les gens piègent les animaux pour leur fourrure, leur viande et d’autres précieux produits.  

Dans notre région, le piégeage existe depuis très longtemps puisque les peuples autochtones qui l’habitaient, bien avant l’arrivée des Européens vers les 1600, subsistaient sûrement de la pêche et de la chasse. 

Dès le dix-huitième siècle, les frères Denys de la Ronde, de la Compagnie du Nord-ouest, faisaient la traite des fourrures dans la région de Nipissing-Ouest. Le poste de traite, situé sur la Rivière aux Esturgeons, est passé à la Compagnie de la Baie d’Hudson en 1821. Le site est occupé aujourd’hui par le Musée Sturgeon River House, à 5 km en aval de la Chute aux Esturgeons, chute que les Ojibway appelaient Bawitig name good (la danse des eaux et du gros poisson: traduction libre) auteur: Pierre Leriche. 

Aujourd’hui dans la région, bien que le nombre de trappeurs diminue sensiblement, le trappage est toujours bien vivant dans notre communauté comme le démontre le témoignage suivant de Mylène Desbiens, cette jeune dame originaire de Verner ainsi que les articles qui suivent paru dans le journal Bay today. 

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Mylène Desbiens, trappeuseMylène, originaire de Verner,  démontre comment préparer une peau de castor .
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Fourrures en exposition au Fur Harvesters à North Bay  Pouvez-vous identifier ces fourrures? Renard roux, …
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Fourrures en exposition au Fur Harvesters à North Bay  Et celles-ci?

 Témoignage de Mylène Desbiens, cette jeune trappeuse, originaire de Verner

En 2009, Mylène Desbiens, 13, dans sa première compétition “A Guiding Hand”- Robert, son papa,la guide.Compétition au Québec en 2011Pleumage avec son papa en 2016Compétition en 2017Journée de trappe avec son papaElle gagne le premier prix en 2019!   “Depuis que je suis toute petite, j’ai suivi mon père, Robert, sur sa ligne de trappage. J’ai appris très jeune l’importance de bien s’occuper de la nature et le fonctionnement de nos écosystèmes. Toutefois, je n’avais jamais osé aider mon père dans la préparation de peaux d’animaux, peut-être par peur de les endommager, peut-être par manque d’intérêt.

Toutefois, en 2006, lorsque j’avais 13 ans, lors de la convention annuelle de la Fur Harverster’s Auction Hous, mon père a décidé que je devais commencer à pleumer. Il m’a inscrite dans une compétition nommée “A guiding hand”. Celle-ci consiste d’un trappeur possédant sa licence de trappage et d’un enfant de 16 ans et moins. Le trappeur d’expérience accompagne donc l’apprenti dans l’apprêtage de sa première peau d’animal.

Mon père a donc décidé de me laisser prendre le couteau entre les mains et pleumer mon premier castor. Toutefois, pour lui c’était important de ne pas toucher l’animal et de me laisser tout faire de A à Z. Il disait que c’était la meilleure façon d’apprendre. À ma grande surprise, j’ai obtenu la troisième position! J’ai tout de suite été passionnée par cet art qui se fait de plus en plus rare.

J’ai donc commencé à passer de plus en plus de temps avec mon père dans le garage en soirée à l’aider à préparer des peaux de castors. De temps en temps, je m’aventurais en préparant une peau de coyote ou de renard, mais mon animal préféré a toujours resté le castor. Dans les années qui ont suivit, j’ai toujours participé aux compétitions dans la catégorie “Femme”. J’ai également toujours placer dans le “top 3”.

Mon père a donc décidé de commencer à m’emmener avec lui à diverses conventions de trappeurs, entre autres, au Québec et aux États-Unis. En 2009, nous sommes allés à la convention de la Fédération des trappeurs gestionnaire du Québec. Mon père m’a encouragé de participer à la compétition (comme d’habitude!), ce que j’ai fait avec plaisir. Malheureusement, je fus très déçue d’apprendre qu’il n’y avait pas de catégorie 16 ans et moins, ni de catégorie femme. Ce qui me plaçait dans la même catégorie que les hommes, plusieurs qui avaient plus que mon âge en années d’expérience! En soirée, je fus appelé à descendre à la salle pour le banquet, ceci ne me prit pas par surprise puisque le thème de la convention était la relève. (Je croyais qu’il voulait prendre une photo avec tous les jeunes.) À mon énorme surprise, j’avais été appelée puisque j’avais gagné la Première place pour la meilleure préparation de peau de castor, contre les hommes, les femmes, tout le monde! Ceci est resté le plus beau moment de mon parcours dans le monde du trappage.

L’année suivante, je suis retournée avec mon père, pour défendre mon titre, ce que j’ai fait avec détermination! Cela a porté fruit puisque je suis revenue avec la première place, pour la deuxième année en ligne.

Depuis ce temps, je ne suis pas retourné en compétition provinciale au Québec, mais j’ai continué de persévérer pour la première place au niveau national. ( Les compétitions qui ont lieu à North Bay sont considérées comme le Women’s canadian championship of beaver skinning & handling ).  Je suis toujours parvenue à obtenir la deuxième ou troisième position, mais la première me glissait toujours entre les doigts…jusqu’à cette année! Au mois de janvier, j’ai finalement gagné la première place dans ma compétition! Il semble que toutes ces années de pratique et de détermination en ont values la peine!

La préparation de peau consiste d’un travail minutieux. En général, la préparation se déroule toujours de la même façon Écorchage, ce qui s’agit de l’action de dévêtir l’animal de sa peau, suivit par le dégraissage. Cette action consiste de dégager la peau de toute graisse excédentaire qui se situe sur celle-ci (à noter que certaine personne dégraisse la peau en même temps qu’ils écorchent, c’est-à-dire qu’ils pleument l’animal en laissant la graisse attachée à la carcasse). Finalement, la dernière étape est d’étendre la peau. Dans cette étape, il est important de bien enlever les excès de graisses, de réparer les défauts et de fermer tous les trous qui peuvent gêner la peau (pattes, oreilles). Il est très important aussi que lorsqu’on étend la peau, on répond aux standards de l’industrie. En choisissant par exemple le bon moule ainsi que la bonne taille pour la peau.

Dans le cas d’une compétition, c’est seulement le résultat final qui compte. Dans certains cas, le temps peut compter aussi (dans les compétitions vitesses par exemple). 

Si j’ai eu la chance de découvrir ce merveilleux monde de tradition et d’art sacré, ce n’est pas par chance, c’est grâce à mon père. Il m’a transmis sa passion et sa fierté du métier.  Il n’a jamais cessé de m’encourager à pratiquer cet art et de toujours en parler avec fierté, ce que je fais encore à ce jour. Je crois que de nos jours il est de plus en plus important de démontrant l’importance de cette gestion des écosystèmes, particulièrement avec les mouvements PETA et de végétalisme qui sont en croissance. Il est important d’éduquer les communautés sur l’importance de la gestion faunique et du rôle des trappeurs dans notre monde. Je suis heureuse et très fière d’être capable de véhiculer ces valeurs et de contribuer à  l’équilibre de nos écosystèmes.”

Aujourd’hui, tous les trappeurs récoltant de la fourrure doivent détenir un permis de piégeage. Le permis identifie la région où le trappeur peut placer ses pièges et spécifie les quotas de récolte pour certaines espèces, par exemple, le castor.

Pour en connaître davantage sur les lois à suivre, la saison de piégeage, les espèces à piéger légalement, etc., voir le site web suivant:
​https://www.ontario.ca/fr/page/le-piegeage-en-ontario

Un trappeur bien connu de la région a écrit et publié un livre de ses expériences comme trappeur.  Il s’agit de Alcide Giroux, originaire de River Valley et maintenant résident de Sturgeon Falls.  
Un article publié dans La Tribune nous donne un aperçu de l’homme et de son livre.

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​Coup d’oeil sur Alcide Giroux (2008)

Un autre trappeur de la région de Warren, Marc Landry, m’a donné la permission d’afficher  cette photo d’une martre qu’il a piégiée en janvier 2018. (Raymonde Gaudette)

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Un peu d’info sur la martre :

  • Elle est active durant environ 16 heures par jour au printemps et en été
  • Elle est une grimpeuse agile, mais elle attrape presque toutes ses proies au sol
  • Elle fait preuve d’une curiosité, d’une férocité et d’une instantanéité,  des réflexes caractéristiques de la famille des belettes
  • Elle porte une fourrure qui se vend généralement à prix fort sous le nom de zibeline du Canada ou d’Amérique
  • Référence :  http://www.hww.ca/fr/faune/mammiferes/la-martre.html?referrer=https://www.google.ca/