FAMILLE CUTHBERT O. LAFRENIÈRE ET ALEXANDRINA MAXWELL
TEL QUE RACONTÉE PAR LA BENJAMINE, LAURETTE CORNEILLIER (NÉE LAFRENIÈRE) le 17 novembre 1998
Cuthbert O. Lafrenière est né le 12 décembre 1866 à St-Damien de Brandon, Québec.  Le 6 novembre 1894, il épouse à St-Damien de Brandon Alexandrina Maxwell née le 22 avril 1877 dans la même communauté.  De ce mariage sont nés 16 enfants, y compris les trois plus vieux qui sont décédés après être nés prématurément.  Les enfants sont tous nés à St-Damien de Brandon. Les 13 enfants qui vécurent jusqu’à l’âge adulte sont:  Albert, Alice (Bouffard), Antonio, Albertine (Sylvestre), Émile, Marie-Anna (Martel), Athanase, Raymond, Rosa, Daniel, Laurent, Cécile (Bélanger) et Laurette (Corneillier).
Vers les années 1917-1918, Cuthbert O. et Alexandrina achètent une épicerie à St-Gabriel de Brandon pour la revendre l’année suivante.  D’après ce que me racontaient des parents, ce n’était pas une bonne idée d’essayer d’élever 13 enfants sur un coin de rue.  Au printemps 1919, ils décident donc d’émigrer à Verner, où ils ont déjà des connaissances.  Ils achètent alors la terre d’un certain monsieur Jalbert où ils vécurent jusqu’à leur mort.  La maison, l’étable et les autres bâtiments construits sur cette terre se trouvent du côté nord de la rivière Veuve à un demi mille côté Est du village de Verner.
PAPA
Je revois encore mon père, assis dans sa berceuse, entre les deux portes; sa culotte toujours déboutonnée tellement il faisait chaud l’été et fumant sa pipe à “grosses touches”; aussi visait-il son “crachoir” de temps à autres!  Maman, tout près, n’en finissait plus de tousser.  Quand il lisait son journal, il se bouchait l’oeil droit avec l’index et pouvait lire pendant des heures.
Je n’ai jamais vu mon père travailler aux champs.  Il souffrait d’un dépôt de fièvre dans une hanche et se faisait des pansements continuellement avec de l’onguent qu’il faisait venir de St-Damien ou St-Ambroise.  Un matin d’hiver – je devais avoir 6 ou 7 ans au plus – il se lève en pleurant et nous dit.  “Je n’en ai pas plus qu’un an à vivre!”  Il est décédé environ 25 ans plus tard!  Comme il ne travaillait pas, il surveillait ses garçons au travail.
MAMAN
Ma mère aurait été bien en peine de compter toutes les paires de chaussons, de bas et de mitaines qu’elle a tricotées dans sa vie.  Elle n’arrêtait jamais.  Elle faisait la cuisine, allait aux bleuets et aux framboises sur les rochers voisins.  Son jardin la tenait très occupée tout l’été.  Moi, je faisais le raclage.  Le samedi soir, papa venait chercher maman en buggy.  Moi je descendais sur un gros voyage de foin. 
Un été, alors qu’il faisait très chaud, maman décide de nous amener camper, toute la famille.  J’étais bien jeune à ce temps là.  Camper où?….dans le hangar à voitures.  Les deux “buggys” sont allés prendre l’air dehors.  Le plancher a été lavé, une table installée et il y avait toujours un gros poêle dans le hangar.  C’est donc là où nous passions nos journées et prenions nos trois repas par jour.  Le soir il faisait plus frais dans la maison.
LES DESCENDANTS DE CUTHBERT ET OVILA
La ferme d’Ovila et Alexandrina a prospéré et les enfants, à l’exception d’Athanase, ont tous habités Verner à l’âge adulte.  Leurs descendants sont dispersés dans différentes provinces canadiennes, mais l’on retrouve encore des Lafrenière, des Sylvestre, des Martel et des Bouffard (Poitras) dans la région du Nipissing.