Picture

JOSEPH BEAUDRY (1852-1939) ET OLIVE DUBEAU (1851-1925)

Joseph Beaudry mariait Olive Dubeau le 23 septembre 1873 à St Gabriel de Brandon, petit village situé près de Joliette, à cent kilomètres au nord-est de Montréal.  Ils se sont établis sur une petit village de St-Gabriel de Brandon où ils ont construit une maison de pièces de bois équarries (de logs). C’est dans cette maison que tous les enfants sont nés.

Mélina (1874), Donalda (1876), Albertina (1878), Esdras (1880), Francis (1882), Napoléon (le petit) (1884), Sinai (1886), Napoléon (1888), André (1890, Élodie (1892)

Afin de subvenir aux besoin de la famille, Joseph et Olive ont construit une fromagerie rattachée à la maison.  Ils achetaient le lait produit par les cultivateur du voisinage, ensuite transformaient le lait en fromage pour le vendre à la grande ville de Montréal.

En 1886, le petit Napoléon mourrait suite à des brûlures graves à son corps.  Lorsque les parents étaient à l’étable pour traire les vaches, le petit Napoléon a pris une brindille de bois et il l’a allumé par la fente de la porte du poêle.  Au lieu d’allumer la pipe ou la lampe, il a mis le feu à ses vêtements.  Il était âgé de deux ans.

En 1892, lorsque la famille était en train de prendre le repas du midi, le feu qui chauffait les bouilloires de la fromagerie se répandit au mur de la bâtisse.  En peu de temps, la fromagerie, la maison et tout le contenu brûlaient.  Les parents ont juste eu le temps de sauver les enfants, même André qui dormait dans son berceau déjà pris en feu.

Suite à l’incendie, il ne restait que leur courage, leur bonne santé et leur confiance en Dieu.  Bientôt, la famille reconstruisait une nouvelle maison. 

L’ARRIVÉE DES BEAUDRY À VERNER

 Joseph voyait que ses enfants grandissaient et qu’il n’y avait pas de terrain disponible dans la région de St Gabriel pour établir ses enfants sur des terres.  Suite à la propagande des prêtres missionnaires tels que le père Paradis, Joseph Beaudry est venu visiter la région de Verner en 1893.  Selon les missionnaires, c’était la région de la terre promise, où tous les fils de cultivateur pouvaient s’établir et défricher des terres en pleine forêt.

En 1895, les grands-parents, accompagnés de cinq garçons et trois filles, quittaient St Gabriel et faisaient le grand voyage par train.  Mélina, l’ainée de la famille, était déjà mariée et n’accompagnait pas les parents.

La famille faisait le voyage avec un petit ménage, meuble et linges, une paire de chevaux, une voiture d’été (barouche), un wagon, un traîneau (sleigh) pour l’hiver, quelques machines agricoles, un peu d’animaux.  La famille passait pour des gens fortunés.

On raconte que Donalda acheta une banane sur le train.  Elle coupa la banane en 10 morceaux et les distribua à tous le membres de la famille.  C’était la première fois de leur vie que les Beaudry goûtaient à une banane.

Le train s’arrêta à la station de Verner où on remplissait le réservoir d’eau afin de faire fonctionner l’engin à vapeur.  C’est à cet endroit que la famille Joseph Beaudry fut accueillie par Monsieur Charles McMurray.

M. McMurray hébergea pendant quelques temps toute la famille dans sa maison située à 1,5 mille à l’est du village.  Il y avait comme voisin les familles Dénommé, Perron et Lepage.

Joseph choisit de s’établir près de la rivière car le terrain était facile à défricher.  Un feu de forêt avait ravagé, autour de 1860, les terres longeant la rivière Veuve.  Il y avait surtout des grands chicots secs et des broussailles.  Pour un certain temps, on a même surnommé Verner, Burnside.

LA TERRE PATERNELLE

En 1895, Joseph s’installe avec sa famille sur la terre de la rivière, à un mille à l’est du village de Verner.  La maison était déjà construite sur un coin de terre entre le ruisseau et la rivière Veuve.  Il y avait déjà onze acres de terre défrichée.

La terre appartenait à Monsieur John Patenaude.  Celui-ci ne demeurait pas sur la terre.  Est-ce qu’il travaillait pour le chemin de fer ou une compagnie de bois?  Personne ne le sait.

Selon un document authentique, propriété de Normand Beaudry, Joseph a signé une offre d’achat avec John Patenaude, propriétaire, le 29 mars 1901 devant un témoin, le Père Charles Langlois, curé de la paroisse et agent des terres à ce moment-là.  Il s’agit du terrain suivant:  East 1\2 Lot 7 Con. 3 Twp Caldwell, 160 acres.  Les conditions d’achat étaient les suivantes:  $100 comptant et $300 payables en versements annuels de $100 pour les prochain 3 ans.  Le taux d’intérêt était fixé à 6%.

La terre de Joseph Beaudry a été officiellement enregistrée au bureau régional à North Bay en 1908.  Les habitants de l’époque enregistraient leur parcelle de terre longtemps après avoir défriché et vécu sur celle-ci.  Ils étaient les propriétaires selon le Land Occupancy Act.

Le père Joseph a vendu sa terre à son garçon Francis à l’automne 1917 pour la somme de $6,500.  La terre paternelle est passée à une 3e génération de Beaudry lorsque celle-ci fut vendu à Octave Beaudry en 1941.  A son tour, Octave vendait l’établissement à son fils Normand Beaudry en 1970.

Cette terre paternelle a connu 4 générations de cultivateurs pendant ses 93 ans d’existence sous le nom Beaudry.  Si on en juge par les apparence des bâtiments le nom Beaudry (cultivateur) n’est pas prêt de s’éteindre sur ce site historique.  Il en est de même pour plusieurs autres fermes de la région qui sont appartenus par des descendants de la famille Joseph et Olive Beaudry.

AUTRES FAITS INTÉRESSANTS

 1.     Lorsque la famille Joseph Beaudry est arrivée, en 1895, sur la terre située au sud de la rivière Veuve, il n’y avait pas de pont pour traverser la rivière.  Donc il fallait traverser les voitures tirées par des chevaux sur un chaland qui flottait sur l’eau près de la ferme de Magloire Ménard située à un demi mille à l’est du village.  Le pont de fer pour traverser la rivière Veuve fut construit en 1900.  C’est à ce moment-là que Joseph Beaudry acheta comme droit de passage des morceaux de terrain d’Arthur et Joseph Côté situés près du village afin de construire un chemin (chemin Olivier) sur le côté Sud de la rivière.  Les voisins tels que Siegfroid Bouffard, Thomas Rémillard, Magloire Ménard ont aidé la famille Beaudry à construire cette route pour sortir au village.  C’était le progrès.

2.     M. Hormidas Lepage, âgé de 99 ans, se rappelle d’avoir fréquenté de 1895 à 1897 l’école publique avec Francis et Sinai Beaudry.  La première école publique était située sur le coin de la terre d’Octave Jalbert.  Francis et Sinai traversaient la rivière en bateau et marchaient à travers le champ.  Il y avait 15 à 18 élèves en tout:  des Miron, Lepage, Legault, Côté, Beaudry, McMurray.  Mademoiselle Parot, puis Mademoiselle Gélinas y ont fait l’enseignement.  En 1897, il y eut la construction d’une école publique au village là où est située présentement l’école St Jean Baptiste et une autre école publique dans le grand rang (route 17) située à 2 milles à l’est du village de Verner.

3.     Vu que Joseph Beaudry voulait établir ses garçons, il a acheté en 1899 ou 1900, 3 lots à bois près du lac Nipissing.  Les lots à bois devenaient sa propriété à la condition qu’il défriche une certaine superficie à chaque année.  C’était la coutume du temps, cette entente entre les premiers colons et le gouvernement.  Il a divisé les 480 acres en quatre morceaux variant de 110 à 140 acres chacun.  Si une terre avait plus de rocher qu’une autre terre, donc elle était un peu plus grande.  Joseph voulait ces terres à bois car il disait que la terre près du village n’était pas bonne:  il n’y avait pas de bois de chauffage et pas de bois de construction.  De ces terres, il a abattu des arbres, fait scier de la planche et construire une maison plus confortable près de la rivière en 1904.

4.     Joseph Beaudry a aidé à équarrir des poutres pour bâtir la première chapelle en 1895, site où est situé présentement le presbytère.  En 1905, Joseph avait déjà son lot au village.  Ce lot avait été donné par le docteur Dubeau de Montréal, son beau-frère, qui appartenait du terrain à l’est de l’église.  Joseph avait bâti une étable et une remise à bois sur son lot.  Lorsque la famille allait à la messe dominicale, Joseph et les garçons pouvaient attacher leurs chevaux dans l’étable pendant la cérémonie au lieu de payer un loyer de $2 par mois dans une écurie près de l’église.

5.     Joseph a construit sa maison en 1917.  Cette maison existe présentement et se situe au 50 rue Principale à l’avant de l’école St Jean Baptiste.  Joseph et Olive vivaient au village de Verner lorsqu’ils ont fêté leurs noces d’or en 1923.  Lorsqu’ils vivaient au village, c’était la rencontre de toute la famille le dimanche, avant et après la messe.  Vu qu’il n’y avait pas de téléphone, c’était très important pour les membres de la famille de se rencontrer et de partager les nouvelles de la semaine.  On dit même que grand-mère Beaudry avait toujours son petit verre de vin à présenter à la visite.  Le 10 septembre 1925 la grand-mère Olive âgée de 74 ans  mourrait à cause de sa diabète sucrée.  Le grand-père Joseph âgé de 87 ans, est mort le 19 juillet 1939, d’une maladie de coeur.  Leur fils, André Beaudry, écrivait quelques années avant de mourir  “tous deux sont enterrés dans mon lot à droite du monument au cimetière de Verner.  Les souvenirs de leur vie son admirables et il y en a beaucoup dans notre mémoire.”

6.     Comment vivait la famille dans les années 1910-20?  La famille défrichait la terre et utilisait le bois pour chauffer la maison et construire des bâtiments.  Ensuite, la famille cultivait la terre  faire le foin, récolter l’avoine, récolter une foule de légumes que l’on mettait en conserve pour l’hiver.  A l’étable il y avait quelques poules pour les oeufs et des moutons pour la laine.  La famille tentait de produire plus que leur besoin afin de réaliser des ventes annuelles de $500 à $600 pour acheter du sucre, des outils, des clous, etc.  Dans ces temps-là, on vendait une corde de bois de 16 pouces pour $2 la corde, une poche de patate de 100 livres pour 50 cents, une tonne de foin livrée au chantier à 30 ou 40 milles pour $16 la tonne.  On vendait la crème pendant l’été à la beurrerie du village.  Certains allaient au chantier l’hiver pour gagner un revenu additionnel.

7.     (Textes omis:  chanson aux grands-parents composée par Sr. Marie-Olive; frères et soeurs de Joseph qui vivent ailleurs)  Quels étaient les frères et les soeurs d’Olive?  Joseph Dubeau demeurait près d’Ovila Roberge (mariée à Donalda Beaudry) dans le Millrand.  Marie-Louise était mariée à Onésime Rémillard.  Un autre frère demeurait à Warren. Maxime Dubeau vivait dans l’ouest canadien.  Dr. Napoléon Dubeau de Montréal a acheté le terrain de M. Nadeau à l’est de l’église en 1902.  Il donne le terrain pour l’école séparée construite en 1918.  Georges Dubeau de Montréal, père du prêtre Arthur Dubeau.  On ne sait pas si il y a d’autres frères et soeurs.

Texte préparé par Gérald Beaudry, arrière petit-fils de Joseph et Olive Beaudry, à l’occasion de la grande réunion des Beaudry à Verner en 1988.