PUBLIÉ LE MARDI 6 DÉCEMBRE 2016

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La Commission de toponymie de l’Ontario adopte officiellement le nom français Île-aux-Chênes Photo : Ministère des richesses naturelles de l’Ontario

Référence: http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1004271/une-ile-du-lac-nipissing-finalement-reconnue-sous-son-nom-francais

L’île s’appelait officiellement West Hardwood Island. D’autres l’ont baptisée Little Oak Island. Mais les Franco-Ontariens l’ont toujours appelée l’Île-aux-Chênes.

Un texte de Caroline Bourdua Pourtant, ce nom francophone n’a été reconnu que tout récemment par la Commission de toponymie de l’Ontario, à la suite d’une démarche de Georges Pharand, le propriétaire de l’île depuis plus d’une décennie.
Le nom officiel en français de cette île fréquentée par des générations de Franco-Ontariens est accepté depuis le 27 octobre 2016. La Commission devait enquêter auprès de personnes pour justifier un changement d’appellation.
Une île fréquentée par les francophones et par des moutons
Selon plusieurs témoignages recueillis, l’Île-aux-Chênes a été occupée principalement par des Franco-Ontariens. Avant de servir de camp d’été pour les jeunes dans les années 60, cette île a aussi servi de pâturage.

Albert St-Jean, locataire de l’Île-aux-Chênes dans les années 40 Photo : Radio-Canada/gracieuseté de Carole Lafrenière (la photo se retrouve au bas de l’article, rectangle supérieur gauche)

​Albert St-Jean qui possédait des terrains en face de l’île l’avait louée au coût de dix dollars du gouvernement ontarien, dans les années 30 et 40. En amenant les moutons sur l’île, il évitait ainsi qu’ils se fassent dévorer par les loups.

Un moment où l’on lavait la laine de moutons dans le lac Nipissing sur un galet. de gauche à droite : inconnu, Léonie St-Jean (Gareau), inconnu, Daniel Lafrenière, Donat St-Jean   Photo : Carole Lafrenière.  (la photo se retrouve au bas de l’article, rectangle supérieur droit).  Sa fille Léonie Gareau, qui vient récemment de fêter ses 92 ans, se rappelle aussi de l’Île-aux-Chênes. « On voyageait en canoë pour aller donner du sel aux moutons. Mon père avait fait un shack et on couchait sur la paille. Mon père l’appelait Oak Island parce qu’il louait des chalets à des Américains », se souvient madame Gareau.

Carole Lafrenière, petite-fille d’Albert St-Jean   Photo : Carole Lafrenière.  (la photo se retrouve au bas de l’article, rectangle inférieur gauche). Carole Lafrenière la petite-fille d’Albert St-Jean s’est dite étonnée d’apprendre que l’Île-aux-Chênes portait officiellement un nom anglais.
En fait, j’étais un peu insultée de lire dans les médias sociaux que le nom de l’île était Hardwood Island. Parce que pour moi c’était toujours l’Île-aux-Chênes, d’aussi longtemps que je puisse me souvenir.
 Carole Lafrenière, petite-fille d’Albert St-Jean.  À une certaine époque, Mme Lafrenière allait à la messe le dimanche dans la petite chapelle de l’île, érigée par les frères du Sacré-Coeur de Sudbury.

Excursion en bateau pour se rendre à la messe le dimanche sur l’Ile-aux-Chênes, circa 1940 – de gauche à droite: Diane Shank (Farrah), Gilles Lafrenière, Daniel Lafrenière, Lynne Shank (Zerraldo), Carole Lafrenière-Noel, Paulette Martel   Photo : Carole Lafrenière (la photo se retrouve au bas de l’article, rectangle inférieur droit). 

L’île-aux-Chênes, rendez-vous estival des jeunes Franco-Ontariens
Le Sudburois Paul de la Riva a fréquenté pendant des années l’Île-aux-Chênes, à l’époque où le Centre des jeunes, aujourd’hui le Carrefour francophone, y tenait des camps d’été. « Tout le monde prenait pour acquis que c’était l’Île-aux-Chênes et l’on aurait jamais deviné qu’il y avait un autre nom légal qui existait », indique M. de la Riva.
On vient reconnaître une partie de l’histoire de la francophonie régionale. Les francophones ont fréquenté l’Île-aux-Chênes et finalement une partie de notre histoire nous appartient maintenant.
 Paul de la Riva, ancien campeur à l’île-aux-ChênesBien que West Hardwood Island ait été le nom officiel de cette île depuis 1949, la Commission de toponymie de l’Ontario indique avoir trouvé peu d’information suggérant que ce nom était utilisé couramment.